sajafrance.fr

Foire aux plantules 2014

Le billet de la Présidente
La SAJA a organisé sa Foire aux Plantules annuelle le 1er juin dernier au Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris. 
Je tiens à remercier tout d'abord M. Thomas Grenon, Directeur Général, ainsi que M. Eric Joly, Directeur des Départements Jardins Botanique et Zoologique de nous avoir offert ce bel emplacement dans ce lieu idéal et merci aussi aux jardiniers de nous avoir aidés et d'avoir ainsi facilité notre installation. 
Ce fut une belle journée, un peu grise, un peu fraîche, mais agréable pour se promener dans ce beau jardin. Les donateurs sont, pour la plupart, arrivés aux aurores, après quelques heures de route… mais que ne ferait-on pas pour présenter les plantules dans toute leur fraîcheur? Les barnums aussi ont été livrés aux premières heures et l'on a commencé à répertorier les plantes par ordre alphabétique et à mettre les prix. Plus de 2000 pots, cela prend beaucoup de temps, génère un peu d'énervement, un peu de bazar dans les caisses sur les tables, mais tout s'est bien déroulé, avec un peu de retard pour donner le signal de l’ouverture de la Foire aux Plantules.
Les donateurs ont alors pu repérer et choisir les petites plantes convoitées et les Sajistes les ont suivis dans leurs achats. 
Les visiteurs sont venus nombreux. Parmi eux, certains étaient intrigués, d’autres étaient intéressés ou connaisseurs. Les conseils des donateurs ont fait le reste et beaucoup repartaient avec un ou plusieurs "souvenirs" contents de l'accueil et plein d'envie "d'essayer".
En tant que Présidente, je trouve que cela a été une belle réussite au niveau de la qualité et du nombre de plantules, de la disponibilité et de la compétence des donateurs envers le public et le soutien reçu des Sajistes pour la logistique. Je tiens à remercier particulièrement, en dehors des donateurs :
Bruno Boff, Alexis Bonnel, Joseph Thomas, Gilles Chambault, Evelyne Gaussens, Bernadette Hériveau et Monique Kemoun.
Un grand merci aux donateurs qui d'année en année cultivent de plus en plus de plantules et d'espèces différentes pour offrir un plus grand choix aux Sajistes et au public. Mais j'ai un grand regret, celui de ne plus voir participer certains Sajistes à l'origine de notre Foire aux Plantules comme Jean-Michel Spas, Jean-Pierre Minard ou Jean Lefèbvre… Mais le temps passe et c'est bien dommage pour nous tous.
Tournons-nous vers le futur et vive la Foire aux Plantules 2015!
Ci-dessous et par ordre alphabétique, la liste des donateurs :
Sébastien Antoine, Michel Bazin, Jean-Luc Blanchard, Bruno Boff, Vincent Codron, Gaël Colin, Alain Denis, Jean-Paul Edel, Bernard Guillemet, Bernadette Hériveau, Monique Kemoun, Line Marie, Claude Morel, Claude Pingont, Stéphane Rémy, Chantal Véron.
Nous avons reçu 2030 godets représentant 486 taxons et 77 genres.
Geneviève Martine

Stand
Le stand de la Foire aux Plantules (photo Alain Denis)

Quelques mots sur les plantes
Le dimanche 1er juin, à partir de 7h30, nous étions une petite quinzaine de donateurs à trier et à tenter d’installer les pots par ordre alphabétique sur les tables et à mettre les prix ce qui était presque mission impossible en raison de l’installation des barnums ce dimanche matin et non la veille, et des donations arrivées le samedi et remisées dans un petit enclos pour la nuit. 
Sur les plus de 2000 pots et 486 taxons présentés il y avait beaucoup de merveilles.


clip image004
(photo Alain Denis)


J’ai dénombré 11 espèces d’Acantholimon, 14 espèces d’Androsace dont 12 pots d’Androsace vandellii. Rarement représenté, le genre Arisaema ne comptait pas moins de 4 espèces : A. ciliatum, A. costatum, A. flavum aux spathes jaunes minuscules et poussant dans les endroits ensoleillés et A. tortuosum. Contrairement sans doute à une idée reçue, ce genre est représentatif de la flore alpine dans tout l’Himalaya jusqu’à une altitude de 4000m. Ce sont des plantes assez faciles en culture, qui se reproduisent rapidement de graines et présentant une floraison étrange en forme de serpent (appelés ‘cobra lily’ en anglais), aux coloris variés pendant de longues semaines. Les espèces japonaises sont dans leur grande majorité moins résistantes au gel et il conviendra donc de les cultiver en pot et à l’abri.
Autre famille importante, celle des Campanulaceae avec notamment Campanula myrtifolia dont le seul fournisseur de graines est à ma connaissance le tchèque Mojmir Pavelka. C’est une espèce très désirable mais difficile en culture sauf sur tuf ou en pot en serre alpine et bien sûr Physoplexis comosa (21 pots) toujours rare en culture. Un autre trésor : Claytonia megarhiza nivalis, une belle portulacacée américaine poussant en sol frais et sableux. Trois magnifiques potées de Cypripedium formosanum étaient également présentes et trouvèrent preneur dès le top départ aux donateurs. Cette orchidée terrestre originaire du Japon présente des feuilles en éventail, spectaculaires à elles seules. Les fleurs sont blanches rosées et la plante, si elle se plaît, forme rapidement des touffes imposantes. Pour la préserver, car elle est moins résistante au gel que ses cousines chinoises ou américaines qui supportent allègrement jusqu’à -40° C, il convient de la cultiver à l’ombre d’arbres ou de fougères et de la pailler en hiver. C’est la première fois que j’ai noté autant d’espèces de Dracocephalum : D. imberbe d’Asie Centrale, D. nodulosum de couleur crème originaire du Pamir, D. paulsenii de seulement 3 à 5 cm de hauteur, issu de graines reçues de Vojtech Holubec comme la précédente et originaire de Chine et enfin D. rupestris. Les Eriogonum étaient en nombre (16 espèces et variétés) dont certains étaient en fleurs. Ils sont largement décrits à partir du bulletin de juin. Les gentianacées ne manquent jamais à l’appel avec 12 espèces cette année dont une néo-zélandaise : Gentianella corymbifera à la floraison blanche. Les géraniums n’étaient pas en reste avec, entre autres, Geranium argenteum toujours rare dans les listes de graines ainsi que G. wallichianum une beauté bleue de 30cm de haut provenant de l’Himachal Pradesh au nord est de l’Inde où elle pousse à plus de 3000m. Une autre surprise fut l’apparition de Glaucidium palmatum, plante de sous-bois à la floraison rose originaire du Japon, à cultiver en sol frais et à protéger du gel. Les Iris, comme toujours, étaient bien représentés avec, pour la première fois à ma connaissance, la présence de sujets de la section Oncocyclus, plutôt réservés aux connaisseurs en raison de leur culture assez difficile. Il y avait Iris sari, I. susiana, I. afghanica x acutiloba et I. paradoxa. Ces iris exigent un draînage parfait car ils ne supportent pas l’humidité en hiver ni en été où ils sont en période de dormance mais leur floraison est magnifique. Dix espèces 


clip image006

(photo Claude Pingont)

de Lewisias ont été répertoriées. Quelques Massonia, bulbeuses d’Afrique du Sud à la floraison spectaculaire, plutôt réservée à la culture en serre. Egalement présent, ce qui est assez rare, Onosma alboroseum de Turquie et d’Asie Centrale, 25cm, aux fleurs rose pâle poussant dans les lieux secs. Des Pelargonium (15 espèces) et aussi Podophyllum hexandrum, maintenant Sinopodophyllum selon la nouvelle taxonomie, plante de 30 à 40cm de haut originaire de l’Himalaya et de Chine aux très grandes feuilles marbrées vertes, brunes, violacées aux fleurs d’un blanc rosé à rouge vif poussant dans les endroits ombragés et en terre humifère. J’ai noté parmi les primevères Primula reidii, petite beauté d’un bleu très pâle aux fleurs en cloche, une espèce parfumée que je recherchais depuis des années. On pouvait relever une quarantaine d’espèces et cultivars de saxifrages, des sédums et des sempervivums. Pour terminer, des silènes dont les très beaux Silene davidii et S. delavayi aux fleurs roses, tous deux natifs des montagnes du Yunnan et enfin quelques arbustes rares comme Zanthoxylum piperitum de Chine de plus de 2 m de haut, Osteomeles schwerinae microphylla (4m) rosacée chinoise aux fleurs blanches et Berberis haematocarpa (3m de hauteur).
Cette Foire aux Plantules, comme toujours, a montré que l’on peut dénicher de nombreux trésors.
Alain Denis

Le vécu (condensé) d’un donateur 
7h45. 
La Présidente a décroché un laissez-passer pour nos voitures jusqu’à 10h00 et le plus matinal des Sajistes donateurs vient d’arriver. Encore quelques minutes de patience, les tables vont arriver. Comme d’habitude à Paris, on manque de tables. Peut-être faudra t’il un jour sortir le carnet de chèques pour se payer quelques tréteaux et une paire de planches. En attendant, les plantes stockées la veille sont rapatriées. En même temps que les quelques tables disponibles arrivent, nous commençons à ranger les godets. Enfin, les cagettes de godets plutôt. 
8h45. 
Un lot de plantes du Centre et un autre de Lorraine sont arrivés. On ne sait pas trop quoi en faire. Il n’y a plus beaucoup de place disponible. Dans les plantes en attente de rangement, il y a de petites merveilles : 12 gros pots de Lewisia tweedyi, autant de Meconopsis `Lingholm’, 3 énormes potées de Cypripedium formosanum, C’est du lourd ! 
Trois dames ont entrepris un travail qui va les emmener à la limite de la crise de nerf. Elles voudraient mettre en place nos étiquettes pour le classement alphabétique des plantes. C’était tout simplement mission impossible. Nous sommes à 15 mn de l’heure théorique de l’ouverture de notre foire aux plantules, on fait ce que l’on peut et il y a encore des centaines de godets dans les cagettes par terre. 
9h10. 
On s’active toujours autant. Finalement, je ne sais plus à quelle heure la Présidente nous a demandé de sortir de l’enclos pour déclarer ouverte cette nouvelle foire aux plantules. 9H20 ? 9h30 ? ... Alors j’ai sorti de ma poche la liste de plantes que j’avais amoureusement préparée grâce à Plantes-Passion et comme j’étais devant la table des ‘A’, j’ai cherché les ancolies. La petite Aquilegia scopulorum et puis, l’alpina, et la nivalis... Bizarre ! Je ne les vois pas. Tant pis, on ne va pas passer 107 ans sur des ancolies, alors où est cet Astragalus angustifolius ? Il est superbe et je l’ai perdu l’année dernière. Petit astragale ... où es-tu ? Bon tant pis ! Alors, la Claytonia megarhiza nivalis, il me la faut absolument. Dans les ‘C’, dans les ‘C’, dans les ‘C’ ... Qu’est-ce que ces Androsace viennent faire dans les ‘C’ ? Non mais, c’est fou ce truc, où sont les Claytonia ? Encore heureux que je sais à quoi ça ressemble, pas de Claytonia. Cela fait 5 bonnes minutes que je cherche désespérément des plantes que j’ai amoureusement listées et je ne les trouve pas. Finalement, je remets ma liste dans ma poche et je me laisse guider par le hasard, ce que je déteste au plus haut point. 
Oups ! Les lys. J’ai promis à une proche de lui ramener des Lilium. Vite ! Alain Denis va me donner un coup de main pour retrouver ses petits. Je n’ai pas toutes les espèces qu’il y avait au départ mais j’ai de quoi faire pour tenir ma promesse. Plus d’une heure plus tard, en regardant une cagette mise de côté par un Sajiste, je verrai un pot de Meconopsis `Lingholm `. Je les avais totalement oubliés ceux-là ! Si quelqu’un peut m’expliquer où ils étaient. 
Il est 10h40. 
La Présidente avait un souhait. Celui de laisser un créneau d’une heure exclusivement aux Sajistes donateurs, puis de laisser ensuite une heure aux autres Sajistes avant d’autoriser l’entrée aux badauds. Ce souhait n’aura pas fait long feu. Disons que ça aura tenu ... 5 ou 6 secondes ! Cette photo ci-dessous illustre une foire aux plantules-bis qui se tient au sol. Je n’ai pas d’explication pour la massette ... et si l’on regarde bien la cagette en bas à droite, on voit des pots de capucines. J’y reviendrai plus tard.

caisse

(photo Claude Pingont)


A midi trente, on se fait une petite collation entre amis sur un banc. Kir, jambon beurre et teurgoule au menu. Et justement, puisque je parle de la teurgoule que notre amie normande nous a gentiment préparée, je reviens sur les pots de capucines. Parce que c’est elle qui les a apportés avec ses traditionnels plants de tomates tous étiquetés. Au départ, elle les donne. Puis, devant l’engouement des parisiens et la bousculade devant ses cagettes, elle a décidé de les vendre à 1 euro le pot. C’est parti comme des petits pains. A midi, il ne restait plus de tomates, et juste 1 ou 2 pots de capucines qui partiront en début d’après-midi. C’est-y pas démoralisant cette histoire ?
Surtout si je mets cette folle envie toute parisienne de tomates et de capucines en perspective avec certaines de mes plantes. C’est que je me suis ramassé mon plus grand bide à une foire aux plantules avec des plantes que j’avais apportées. Parlons un peu des 18 pots de Campanula myrtifolia faisant partie de mon attribution. Avec un nom pareil, on peut se douter que c’est une plante qui ne brille pas par sa taille. Mais il n’y a pas que cela. La voici sur Wikipedia (auteur Philippe Péchoux)
clip image012


C’est une petite campanule régulièrement récompensée lors des fameux shows d’outre-manche que j’ai obtenue de semis avec des graines récoltées en Turquie. Pas à mettre dans toutes les mains, je le concède. Mais seulement 3 ou 4 de vendues le matin. Je crois qu’il n’y en aura pas d’autres de vendues l’après-midi. Comme elles étaient proposées à 2 euros au départ, je les ai vite basculées à 1 euro sans que cela ne change quoi que ce soit. Il y a des jours comme cela, et je ne savais pas encore que je n’étais pas au bout de mes surprises.
Il est maintenant 15h15. 
Ce n’est pas la grande foule, mais on assiste à un flot continu de visiteurs. Et c’est tant mieux pour eux car nous sommes bien plus disponibles pour les renseigner. Et là, il faut que je vous raconte le choc (un de plus) que j’ai eu aux alentours de 14h00. Une dame, bien comme il faut, toute sérieuse, m’a demandé si j’avais des plantes ... pour les manger !... Ben oui, je sais, ça fiche un sacré choc. J’ai tout de suite eu envie de l’envoyer voir du côté de l’épicerie qu’il y a au bout de la rue Buffon, mais c’était une cliente potentielle. Je lui ai alors parlé du dernier pot de capucines qu’il nous restait, des Allium ursinum mais elle voulait quelque chose de plus ... exotique. Je ne pouvais quand même pas lui dire n’importe quoi, des fois qu’elle veuille goûter une feuille avant d’acheter des plantes. Qu’est-ce que l’on ne me fait pas faire pour vendre des plantes à 1 euro !
Dans la foulée, une charmante demoiselle me demande de la conseiller pour décorer son bureau où elle travaille. Y a personne dans cette bourgade qui pourraît me demander des plantes pour une rocaille au soleil? Du coup, j’ai gentiment envoyé la demoiselle sur les roses. Et puis, comme elle n’y était pour rien dans ma rencontre avec une herbivore, je l’ai rattrapée pour lui montrer des plantes adaptées à la culture en intérieur comme les Aloinopsis, les Hereroa ou les Nananthus. Elle repartira ravie avec 1 seul tout petit pot d’Hereroa calycina. Il ne devait pas rester beaucoup de place sur son bureau !... Je passe sur la dame qui voulait des arbres, si, si, sérieux, et j’en arrive avec une charmante personne qui voulait un iris jaune. Pas de soucis, les iris, je connais un peu. En jaune, j’avais Iris flavissima, lutescens, arenaria, reichenbachii... Pas moyen de lui vendre un de ces fichus iris, tous à 1 euro le pot. Après une dizaine de minutes, elle se décide à me montrer sur son iPhone les iris qui la font rêver et je vois des Iris germanica bleus ! Elle voulait le même en jaune ! Bon, on n’est pas dupe. On sait bien qu’il y a toujours une différence entre la clientèle de l’après-midi et celle du matin, bien plus marquée à Paris qu’en province d’ailleurs, mais avouez que subir tout cela en trente minutes…
Il est aux alentours de 16h30 
et je peux faire un petit bilan au sujet de la vente des plantes que j’ai apportées. J’ai déjà parlé du fiasco avec mes Campanula myrtifolia, mais il y en a d’autres qui n’ont que moyennement trouvé preneur. Sur la vingtaine de Physoplexis comosa présents le matin, il en restait encore 6 ou 7 à cette heure. Même à 1 euro, on ne s’est pas battu pour les acheter. Et pourtant, pour ceux qui ne connaissent pas cette Campanulaceae, en voici un exemplaire présenté sur Wikipedia. 


clip image014


Les Eriogonum euxnon plus ne sont pas partis comme des petits pains. Je le comprends un peu mieux, il y en avait beaucoup et ils se ressemblent aussi. J’imagine qu’après le prochain bulletin de la Société, il y en a qui vont regretter de ne pas en avoir pris davantage. Par contre, ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi un Iris paradoxa, issu d’un semis de graines récoltées près du Lac Sevan en Arménie et en âge de fleurir est resté sur la table sans trouver le moindre acheteur. Et il n’était proposé qu’à 3 euros ! Par contre ... les capucines ...

Claude Pingont

QUI SOMMES NOUS?

La SAJA a été créée par des botanistes désireux de diffuser leurs connaissances dans l'art des jardins alpins et dans la culture des plantes de montagne, mais aussi de développer les contacts avec la nature et de participer à sa protection.

Sections

  • Ile de France
  • Centre-Val de Loire
  • Rhône Alpes
  • Alsace & Lorraine
  • Nord Pas-de-Calais & Picardie
  • Jura & Franche-Comté
  • Provence Alpes Côte d'Azur

Facebook