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2013 Crête/La Ste Baume

SESSION BOTANIQUE SAJA 2013

Crète (La Chanée) Régions ouest et centre

13 – 20 avril 2013

 

Programme des sorties botaniques :

 

1) Le plateau de Gious Kambos : Transport des participants en minibus de La Chanée vers Réthymnon puis 
Armeni et Spili. Prolongation vers le plateau de Gious Kambos.
Arrêt touristique dans le village de Spili pour admirer les fontaines vénitiennes. Arrêts (2) avec herborisations
prolongées sur le plateau de Gious Kambos.

2) Le plateau d’Omalos : Départ de La Chanée en passant par les villages de Fournes, Lakki puis arrivée au
plateau d’Omalos avec arrêt à Xiloskalo. Plusieurs arrêts d’herborisations au plateau d’Omalos. Amorce de
randonnée sur le sentier menant de Xiloskalo au Gigilos AR.

3) Falassarna (côte ouest de la Crète) : Départ de La Chanée vers Kolimbari puis Kissamos Kastelli et
Falassarna. Plusieurs arrêts herborisations sur le littoral AR.

4) Aptera le matin : Départ de La Chanée vers Metohi et Aptera. Herborisations dans les ruines romaines
d’Aptera et autour de la Forteresse de Koulos.
Presqu’île d’Akrotiri l’après-midi : départ de La Chanée vers Koumares et le Monastère Gouvernetou. Arrêts
pour des herborisations sur le parcours. Visite de l’Eglise et du Jardin du Monastère d’Agia Triada au retour
sur LaChanée.

5) Le plateau du Lassithi Transport des participants en minibus de La Chanée vers Réthymnon puis
Héraklion, Hersonissos, puis les villages de Potamies, Avdou, Gonies, Kera et le plateau du Lassithi (Grotte
Dikteo Andro) Herborisations au Col des Moulins (Ambelos Afhin) et sur le chemin menant à la grotte et
dans les environs du village de Mesa Potami.

6) Les Gorges d’Imbros : Départ de La Chanée vers Kalives puis Vrysses et les villages d’Askifou et
d’Imbros. Randonnée botanique dans les Gorges d’Imbros (8km de descente) jusqu’au village de
Kommitades.

 


Session botanique 2013 à la Ste Baume

du 29 avril au 4 mai 2013

 

Cette année, la section Vallée de la Loire a organisé son voyage dans le massif de la Sainte-Baume. C'est une montagne calcaire de 35 km de longueur sur 15 de large. Elle est à cheval sur deux départements, les Bouches-du-Rhône et le Var et sa superficie est de 45000 ha. Son point culminant à 1148 m d'altitude est le pic du Joug de l'Aigle.
Ses précipitations sont très importantes de l'ordre de 1000 à 1200 mm. Elle est parcourue par de nombreuses rivières souterraines, c'est le château d'eau de la région. L'hiver, la neige peut rester plusieurs jours au-dessus de 800 à 900 m sur le versant nord et peut atteindre exceptionnellement 1 m.
A l'adret (versant exposé au soleil),  nous remarquons, à la base, des forêts de Pins d'Alep (Pinus halepensis Mill.) avec au-dessus des garrigues d'Ajoncs à petites fleurs (Ulex parviflorus Pourr.), des Chênes kermès (Quercus coccifera L.) et des Cistes blanchâtres (Cistus albidus L.).
A l'ubac (versant opposé à l'adret, nettement moins chaud, exposé à l'ombre) , se trouvent également à la base, des forêts de Pins d'Alep et à une altitude entre 500 et 1000 m sur toute la longueur de la chaîne, une forêt de Chênes pubescents (Quercus pubescens Willd.) et de Pins sylvestres (Pinus sylvestris L.). Au milieu, sous du Col de St-Pilon et de la Grotte de Sainte Marie-Madeleine existe une hêtraie relique.
La plupart des participants de ce voyage logent dans les chambres d'hôtes de Madame Feirrera,  la Coutronne à Auriol. Notre hôtesse est charmante, le lieu est très agréable. Nous ne pouvons pas en dire autant pour l'Hôtel-Restaurant des Cèdres à Plan d'Aups où nous dînons et où certains participants logent. Ce restaurateur n'a pas été à la hauteur de la prestation que nous attendions.

30 avril 2013 : A partir d'aujourd'hui, toutes nos sorties se dérouleront sur la Ste-Baume. Malgré un début de journée avec une météo menaçante, les nuages sont toujours présents, la journée se terminera sous un beau soleil. Nous herborisons tout le long de la route de Mazaugues, puis dans la partie défrichée qui sert de pare-feu et ensuite, dans un secteur plus humide autour de la Glacière de Pivault.
La législation oblige les propriétaires à faire ces défrichages  le long des routes pour éviter les incendies. Nous sommes dans une forêt, principalement constituée de Chênes pubescents, où les incendies sont peu fréquents, grâce à une surveillance sévère. Les massifs forestiers sont souvent interdits au public pendant les périodes de sécheresse et de mistral. Ces zones ouvertes sont particulièrement riches  et intéressantes pour les botanistes.
Nous trouvons sur ce versant de nombreuses glacières. Autrefois, elles étaient capitales pour la fourniture de la glace sur Marseille, utilisée pour la conservation des aliments et la confection de sorbets.
La glacière de Pivault est un énorme bâtiment d'une douzaine de mètres de haut avec des murs très épais (prés de 2 m) où pendant l'hiver, était entassée la glace. Autour de ce bâtiment, se trouvent de grandes esplanades servant de bacs de congélation. Elle a été restaurée et est accessible au public.
Malheureusement, cette année, avec le retard de 2 à 3 semaines de la végétation, nous ne trouverons pas toutes les plantes espérées:

29 avril 2013 : Aujourd'hui, tout le monde est sur le pied de guerre, malheureusement le beau temps n'est pas au rendez-vous, la Sainte-Baume est dans les nuages et la météo annonce des risques de précipitations. Le temps doit être meilleur à l'est sur le Var. J'emmène donc le groupe au bois du Rouquan dans la région du Canet-des-Maures, la seule sortie que j'avais prévu en dehors du massif.

Nous sommes dans la réserve naturelle de la Plaine des Maures, dans une zone de dalles de grès rouge dans un bois clair de pins pignons (Pinus pinea L.) et de chênes-lièges (Quercus suber L.). Nous y trouvons dans les dépressions, de nombreuses mares temporaires. Ce sont des terrains acides mais les bords de routes, fabriqués avec des matériaux riches en calcaire,  nous réservent quelques belles découvertes. Cette année, nous avons la chance de trouver une belle végétation, due aux nombreuses et  récentes pluies. 
La matinée s'écoule par des recherches sur les dalles de grès dans la partie boisée au-dessus du pont romain et au lieu-dit « Bayonne ». Près du parking, nous apercevons une ferme avec des vignes où nous découvrons avec surprise des ceps de vigne extraordinaires, très âgés, atteignant prés de 2 m de haut et dont la base du pied a un diamètre de plus de 20 cm.
L'après-midi, nous herboriserons dans les parties débroussaillées pour la lutte contre les incendies. L'ouverture de ces milieux permet  d'avoir une très grande biodiversité. Nous rencontrons les gardes de la réserve avec lesquels nous avons quelques échanges naturalistes. Ils donnent quelques recommandations pour la préservation du site. 
Au retour, nous faisons une halte à Rougier pour visiter une station d'Orchis olbiensis Reuter, en fin de floraison.

1er mai 2013 :  A l'Espigoulier par Gémenos, nous allons sur le versant opposé des jours précédents, exposé en plein soleil, en pleine garrigue. Nous arrivons sur le parking du col de l'Espigoulier avec une triste constatation, nous sommes dans le brouillard. Nous pouvons nous promener sur le sentier mais ce n'est pas terrible pour des personnes qui souhaitent herboriser et prendre des photos !!!!
Le temps devrait s'améliorer d'ici une heure et nous descendons 200 m plus bas pour faire une approche de la végétation. Nous stationnons sur le parking de la citerne. Le sol est très sec, c'est un milieu dominé par le romarin (Rosmarinus officinalis L.), l'Euphorbe characias (Euphorbia charachia L.) et le thym (Thymus vulgaris L.). Nous y observons une jolie station de Pavot argémone (Papaver argemone L.) avec leurs étamines bleutées.
Effectivement, au bout d'une heure, le brouillard se déchire et nous remontons au col. En contrebas, nous admirons les arêtes calcaires qui traversent le massif, le paysage est somptueux. C'est un site connu pour la qualité de sa végétation. Une première constatation, autour de nous, les plantes dominantes sont le chêne vert, à petites feuilles rondes et à environ 5 nervures, c'est peut être le chêne à feuilles rondes (Quercus ilex L. subsp. ballota (Desf.) Samp.), l'érable de Montpellier (Acer monspessulanum L.) et l'ibéris des rochers (Iberis saxatilis L.). Nous découvrons également de grandes quantités de saxifrages de Fragoso (Saxifraga fragosoi Sennen), très proches de Saxifraga hypnoides L., très bien adaptée aux milieux secs. Pour passer l'été, elles se dessèchent complètement,  prennent une couleur tabac brun et seuls, subsistent en dormance, les bourgeons terminaux compacts et fusiformes. Ils redémarreront aux premières pluies automnales. 
L'après-midi, nous prenons le sentier jusqu'au col du Cros en contournant les Dents de Roque Fourcade. Au retour, nous faisons une halte le long de la route, pour fouiller une pelouse sèche de Brachypodes (Brachypodium retusum (Pers.) P. Beauv.) et d'Aphyllantes (Aphyllanthes monspeliensis L.). Nous découvrons l'Ophrys sombre (Ophrys lupercalis J. Devillers-Terschuren & P. Devillers), deux endémiques de la Provence, l'Ophrys de Provence (Ophrys provincialis (H. Baumann & Kunkele) Paulus) et l'Ophrys verdissant (Ophrys virescens Philippe ex Grenier) décrit en 1859, oublié  puis redécouvert dernièrement.

02 mai 2013 : Direction du col du St-Pilon et visite de ses alentours.
Départ du parking du St-Pilon, c'est le parking pour les visiteurs de la Grotte de Ste Marie-Madeleine, un haut lieu de pèlerinage. Nous empruntons le chemin carrossable, avec à notre droite la hêtraie de la Sainte-Baume et à gauche, la forêt domaniale de Chênes pubescents et de Pins sylvestres. Nous y observerons l'Aristoloche pâle (Aristolochia pallida Willd.) et les Lis martagon non fleuris (Lilium martagon L.). Ils sont, en année normale, en fleurs avant le 15 juin dans cette région. Nous bifurquons sur notre gauche sur un chemin piétonnier qui monte en direction du col. Il est surtout utilisé par les randonneurs et se dirige vers le point culminant du massif, le Pic du Joug de l'Aigle. Nous découvrons la Corydale à tubercule plein (Corydalis solida (L.) Clairv.), quelques fougères Asplénium des fontaines (Asplenium fontanum (L.) Bernh.) et la capillaire rouge (A. trichomanes L.). Nous arrivons au col du Saint-Pilon, nous sommes sur la crête; en face, le sud avec au loin, une vue sur le Castelet et la piste du circuit automobile Paul Ricard. C'est un lieu venté et les plantes sont naines. Certains arbustes: Erable de Montpellier (Acer monspessulanum L.), Amélanchier à feuilles ovales (Amelanchier ovalis Medik.), et Bois de Sainte-Lucie (Prunus mahaleb L.) ressemblent à des bonsaïs.
Nous revenons sur nos pas puis nous faisons une halte à la grotte. C'était un lieu de pèlerinage majeur au Moyen Age. Il y est conservé une relique présumée (tibia) de Sainte Marie-Madeleine. C'est un endroit frais et humide où nous trouvons l'Arabette des Alpes (Arabis alpina L.) et la Saxifrage de Fragoso (Saxifraga fragosoi Sennen). Après un moment de visite et de recueillement pour certains, nous reprenons notre descente par la hêtraie.
La hêtraie de la Sainte-Baume est une hêtraie relique méditerranéenne, laissée en évolution naturelle (aucune intervention humaine dans son développement et sa conservation). Les dernières sécheresses, probablement causées par le réchauffement climatique, la mettent en danger. C'est un endroit où se développent de très vieux Ifs communs (Taxus baccata L.), certainement les plus vieux de France, avec des troncs qui approchent les 80 cm de diamètre. La plupart sont creux comme des tambours. Nous terminerons notre après-midi autour de l'Hostellerie par une séance de photographies d'Iris lutescens Lam.. Ils sont très variables dans leur coloris, du blanc, du jaune, au bleu, avec toutes les teintes intermédiaires possibles.

03 mai 2013 : Le col de Bertagne par l'ubac.Aujourd'hui, une amie, Annie Bernard nous accompagne. Elle organise des sorties dans la région et connaît très bien la Sainte-Baume. Nous prenons un chemin, en limite entre les deux départements (Bouches-du-Rhône et Var). La montée est difficile, le chemin est recouvert de pierres roulantes. A mi-parcours, nous faisons une halte à une petite source, il est vrai que le massif est un vrai château d'eau, même si celle-ci est cachée dans ses entrailles. Nous sommes déçus par la végétation, nous ne trouvons rien de particulier en dehors d'une belle station de Grémil ligneux (Lithodora fruticosa L. Griseb.) et d'Ibéris des rochers (Iberis saxatilis L.), au sommet du col de Bertagne.

A droite, au loin, nous avons la vue sur Marseille, à gauche, la chaîne de la Sainte-Baume et en face le Pic de Bertagne. C'est le deuxième sommet du massif, à près de mille mètres d'altitude et à environ dix kilomètres de la mer. Nous avons rejoint  une route militaire qui dessert la station radar de la Sainte-Baume au sommet du Pic de Bertagne. Nous nous installons pour le pique-nique et avons la surprise de voir notre amie Annie, sortir de son sac à dos plusieurs bouteilles d'apéritifs locaux avec, naturellement, l'accompagnement !
Le groupe se scinde en deux, les meilleurs marcheurs se déplaceront avec Annie à travers la montagne, à la recherche des anciennes mines de lignite et feront quelques photographies d'Orchis pourpres (Orchis purpurea Huds.). Le deuxième, prendra la route militaire où il fera la découverte de belles Morilles blondes (Morchella esculenta Pers. ex St Amans).

Le 04 mai 2013 : Riboux coté sud.Nous prenons la direction de Gémenos, puis nous passons à Cuges-les-Pins pour prendre sur la gauche au parc de Loisirs OK Coral, une petite route qui nous mène au bout du monde dans le tout petit village de Riboux où nous stationnons. Nous poursuivons notre périple à pied pour herboriser en direction du Pied de la Colle.

Nous sommes, à légèrement plus de 500 m d'altitude sur la façade sud de la Sainte-Baume, en plein soleil. Paysage de garrigue avec des bois de Pins d'Alep (Pinus halepensis Mill.) et de Chênes verts (Quercus ilex L.). Le pin d'Alep est une espèce pyrogène souvent responsable de gros incendies. 
Nos premières observations se feront le long du chemin sur des terrains de friche et de garrigue, pour arriver ensuite dans un vallon boisé de Pins. Naturellement, les bordures défrichées pour éviter les incendies sont très riches et plus particulièrement, pour les orchidées. Nous sommes surpris par des Ophrys du groupe scolopax avec un périanthe de couleur rose, le labelle est fusiforme avec les dessins de la macule en réseaux irréguliers. Ce labelle nous fait penser à Ophrys philippii Grenier, habituellement à périanthe blanc. Cette station sera signalée aux spécialistes locaux pour une étude plus approfondie. Cette espèce, décrite par Grenier en 1859, n'a été retrouvée qu'en 2000 par Pierre-Michel Blais.
Plus loin, nous faisons une halte pour observer des plantes de la famille des Fabacées et plus particulièrement sur leurs fructifications, gousses en spirales pour la Luzerne orbiculaire (Medicago orbicularis (L.) Bartal.) et celles arquées et trouées de l'Hippocrépide à deux fleurs (Hippocrepis biflora Spreng.). L'après-midi, nous poursuivons nos recherches, nous photographions des Ophrys de Provence (Ophrys provincialis (H. Baumann & Künkele) Paulus). Après le séjour, au moment du tri de celles-ci, j'ai eu la surprise de découvrir qu'une des plantes photographiées est un hybride entre l'O. de Provence et l'O. Bécasse. (O. x maurensis O. & E. Danesch.

C'est un voyage étonnant plein de surprise. C'est la rencontre de plantes alpines que l'on a l'habitude de voir plus au nord dans les Alpes avec celles de la région méditerranéenne. La saison tardive ne nous a pas permis  d'observer les plantes trouvées fréquemment sur ce lieu (comme : Aquilegia vulgaris L., Campanula persicifolia L.…). 
Il n'est pas facile de se renouveler mais j'espère encore vous surprendre avec d'autres découvertes, différentes, l'année prochaine.
Jean-Claude Roberdeau


QUI SOMMES NOUS?

La SAJA a été créée par des botanistes désireux de diffuser leurs connaissances dans l'art des jardins alpins et dans la culture des plantes de montagne, mais aussi de développer les contacts avec la nature et de participer à sa protection.

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